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lundi 7 février 2011

Présentation des deux vaches

Le suspense aura été intense mais ça y est, nous vous présentons nos deux vaches :

Décibelle, la titulaire.
N° matricule : 434
Date de naissance : 23.09.08
Production laitière quotidienne : 32,3 L soit 40 fois votre consommation quotidienne de produits laitiers
1er Vêlage : 03.11.10
Poids : 620 kg

Décibelle après la séance de tonte mi-novembre.
Cool la vie de vache "allongée dans la paille".











Djiboutie, la suppléante
N° matricule : 407
Date de naissance : 22.08.08
Production laitière quotidienne : 36,8 L
1er Vêlage : 24.10.10
Poids : 655 kg

Djiboutie vous tire la langue...
Djiboutie est aussi très gourmande

Pierre-Henri.

vendredi 4 février 2011

Ration des vaches laitières du troupeau de Grignon

L’alimentation du troupeau est un poste clef de l’élevage et de sa rentabilité. De ce fait, elle doit être maîtrisée de manière à optimiser les aliments utilisés et à maximiser la production dans le cas de Grignon et la qualité du lait. A la ferme de Grignon, les vaches laitières passent quasiment la totalité de l’année dans la stabulation. Ainsi, le personnel de la ferme établit une ration pour le troupeau laitier. La ration est distribuée une fois par jour, le matin grâce à un bol (mélangeuse distributrice).

La ration est composée de différents aliments :

- 8,5 kg MS (matière sèche) d’ensilage de maïs
- 2,3 kg MS de pulpes de betteraves surpressées
- 1,8 kg MS d’ensilage de luzerne
- 3,8 kg MS de foin de luzerne
- 3,4 kg  de tourteau de colza gras
- 1,6 kg de correcteur azoté (70% tourteau de colza industriel, 27% de drêches de blé, 0,77% de méthionine protégée et le reste est de la mélasse)
- 2,4 kg de maïs grain humide (65% MS)
- 70 g de craie
- 30 g de sel
- 200 g de minéraux
- 200 g de bicarbonate.

Cette ration permet de produire 36 kg de lait (contrairement à ce qui est annoncé dans la vidéo).
 
Afin de produire plus, les vaches sont plus ou moins complémentées au Distributeur Automatique de Concentré (DAC) avec un aliment à 1 UFL, et 21% de MAT (matières azotées totales). La quantité distribuée en plus au DAC varie en fonction de l’état corporel des vaches, de leur niveau de production, du stade de lactation (jusqu'à 3 kg supplémentaires). 1 kg d’aliment permet de produire 3kg de lait en plus. Cependant, cette consommation de concentrés induit une diminution de la quantité de fourrages ingérée (pour 1kg de concentré au DAC, la vache ingère 600 g de fourrages en moins), c’est ce que l’on nomme la substitution.
 
La vidéo que nous avons réalisée vous permettra de comprendre l’intérêt de chaque aliment :



Pierre-Henri.

lundi 31 janvier 2011

Comment apprécier une Prim’Holstein ?

Les vaches laitières sont caractérisées par leur production laitière, la qualité de leur lait (taux butyreux, taux protéique,…), ces données sont quantifiables très facilement.
Cependant, elles ne suffisent pas à déterminer une « bonne » ou une  « mauvaise » vache. 

Un certain de nombre de critères plus descriptifs permettent de sélectionner les vaches.

On pourra commencer par l’aspect de la mamelle qui est un poste déterminant. On évaluera :

-La profondeur du sillon, c’est-à-dire l’empreinte du ligament qui sépare les quartiers gauches et droits de la mamelle. L’objectif est d’avoir un sillon le plus profond possible ; car celui-ci permet une bonne orientation des trayons, une mamelle qui sera fonctionnelle le plus longtemps possible.

-La distance plancher-jarret : c’est la distance entre le bas de la mamelle et le jarret ; le but est d’avoir une mamelle la plus haute possible, c’est-à-dire avec une distance PJ importante. Ceci permet d’assurer une mamelle de bonne qualité le plus longtemps possible (en vieillissant, la mamelle redescend) et d’éviter des mammites.

Vache chez laquelle la distance plancher-jarret est nulle.
-L’équilibre de la mamelle, le but est d’avoir une mamelle avec des quartiers avants et arrières sur la même horizontale :

Une mamelle mal équilibrée (quartiers avant plus bas).


-L’attache avant et l’attache arrière : l’attache de la mamelle doit être très ferme à la paroi abdominale (attache avant) et dans son prolongement ; l’attache arrière doit être la plus haute possible (par rapport à la vulve) ; ces attaches seront primordiales dans la longévité de l’animal par rapport à la qualité de sa mamelle.

Mauvaise attache avant.
Bonne attache avant.


 -L’implantation, la longueur et l’écart des trayons. Les trayons doivent être parallèles entre eux, voire légèrement dirigés vers l’intérieur. Ceci permet une traite plus rapide pour le trayeur. Les trayons doivent avoir une longueur correcte (4-5 cm).

Exemple de trayons arrières trop dirigés vers l'intérieur.


Ensuite, on évalue les postes de la capacité corporelle de la vache, tous ces postes permettent d’optimiser la valorisation et l’ingestion des fourrages (plus une vache est grosse, plus elle ingère de fourrages, donc plus elle produira).
-la hauteur au sacrum, détermine la taille de la vache,
-la largeur de poitrine, mesurable entre les deux pattes avant.
-la profondeur de corps et l’aspect détermine la capacité d’ingestion.

Enfin, on regarde des postes encore plus fonctionnels, tels que :
-le bassin avec la largeur aux ischions (pointe des fesses), celle-ci permet le passage du veau (plus la largeur est importante, plus le vêlage sera facile) ; l’inclinaison de celui-ci. On recherche des bassins plats voire légèrement inclinés vers l’arrière afin d’éviter des rétentions placentaires…

Un bassin large permettant un vêlage facile.
  

-les membres, ils permettent d’évaluer les qualités de locomotion de la vache, on recherche des pattes arrières avec des angles au jarret ni trop coudée ni trop fermé, une orientation des pattes arrière le plus parallèle possible (les droites traçant l’orientation des pattes arrières doivent être parallèles.). Les postes des membres sont déterminants dans la longévité des vaches. 

Pattes arrières orientées vers l'extérieur qui témoignent d'une mauvaise locomotion.


L’ensemble de ces postes est évalué par un technicien afin de donner des notes de synthèse à l’animal.

Pierre-Henri

jeudi 27 janvier 2011

Promenade en plein air

Malgré le temps grisonnant de la semaine, nous avons sorti Décibelle et Djiboutie pour leur promenade quotidienne; nous pouvons constater leurs progrès jours après jours, c’est très encourageant ! 

 Pierre-Henri et Décibelle : faire marcher une vache, ça ne s'improvise pas!

 
Retour du soleil pour une balade à la ferme.


Comme elles sont habituées à vivre en stabulation sur aire paillée, ces quelques pas sont l’occasion pour elles de profiter de la nature : elles sont très curieuses, mais aussi un peu effrayées par tous les bruits d’animaux ou d’engins agricoles. Il leur faudra pourtant s’habituer au bruit et aux acclamations qui les attendent pour le Salon ! 
Décibelle en star: "Tiens, on braque un objectif sur moi?!"
  










Après l'effort, le réconfort:
"Rien de quel que brouter l'herbe bien tendre!"

Elles sont maintenant bien familiarisées à notre présence, même si elles se passeraient volontiers de leur entrainement quotidien ! 





Malgré tout, elles se laissent aller à des balades de plus en plus longues, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Leur récompense : pouvoir brouter un peu d'herbe bien verte!




Aurore.

dimanche 16 janvier 2011

La traite

Dans l’élevage laitier, la principale astreinte est la traite, c’est celle qui permet de dégager le revenu de l’éleveur. De ce fait, elle doit être réalisée de manière consciencieuse.

A la ferme de Grignon, la traite matinale débute à 6h00 le matin et à 16h00 pour la traite du soir. Chaque traite dure environ deux heures pour 120 vaches grâce à une salle de traite DeLaval possédant 2 fois 12 postes de traite par l’arrière.

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  • 1ère étape : le lavage des trayons
Dès que les vaches arrivent dans la salle de traite, le trayeur applique un premier produit moussant à base de composants naturels permettant le nettoyage des trayons et qui maintient un excellent état du trayon. Le produit est laissé quelques minutes afin qu’il agisse.

Application du produit moussant pour nettoyer les trayons.


Puis, le trayeur essuie de manière active le trayon avec du papier pour lavage des mains ordinaire afin de le rendre le plus propre possible, ce qui assure une hygiène de traite maximale. En effet, cette étape est primordiale pour la qualité du lait, car le prix du lait est basé sur le nombre de germes. Et ces germes peuvent être présents sur les trayons (bouse…).

Les pis sont essuyés.


  • 2ème étape : les premiers jets
Premiers jets de lait.
Pour s’assurer de la qualité du lait, l’éleveur effectue les premiers jets ; ils permettent de détecter la présence de mammites (infection de la mamelle) sur un des quartiers de la mamelle. Il important de réaliser cette étape car le prix du lait est aussi basé sur le nombre de leucocytes (seuil : 300 000 c/mL). En effet, si une vache a une mammite, la réaction immunitaire entraîne une production de leucocytes détectable dans le lait. Un nombre important de leucocytes est donc très pénalisant sur le prix du lait.



Lors des premiers jets, si la vache est atteinte, on repère la présence de sang ou de grumeaux dans le lait. Le lait est alors mis à l’écart afin d’être retiré du circuit, mais pourra être distribué aux veaux. On note cependant que le nombre de mammites reste relativement faible à Grignon.





  • 3ème étape : la traite proprement-dite
Ensuite, il convient de « brancher  l’animal », c’est-à-dire poser la griffe sur la mamelle de la vache, quartier par quartier afin que commence la traite grâce aux quatre manchons.

Grâce à un système d’aspiration, la vache donne son lait. En fait, un tuyau aspire à une certaine fréquence, ce qui stimule l’arrivée du lait et maintient la griffe sur la mamelle. Le lait s’écoule dans le manchon puis rejoint le circuit pour arriver dans le tank.
Dès que la mamelle s’est vidée, la quantité de lait qui s’écoule devient presque nulle ; en conséquent, la griffe se retire automatiquement de la mamelle grâce à un système qui gère le flux de lait : c’est le décrochage automatique. L’ensemble des données sur la traite de la vache ainsi que le système de gestion de la traite sont fournies par le boitier ci-dessous.

Système de gestion de la traite.

  • 4ème étape, la dernière : trempage des trayons
Comme vous avez pu l’apprendre en cours de physiologie animale, le trayon se termine par un sphincter. Or, pendant la traite, celui-ci était ouvert et a été mis à rude épreuve par l’aspiration incessante de la machine à traire. Comme il ne se referme pas de suite, cela peut poser des problèmes sanitaires, car divers germes peuvent rentrer dans le trayon. Pour éviter ceci, on applique un produit à base de dioxyde de chlore qui protège le trayon en diminuant la pression microbienne du trayon.
Trempage des trayons.
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Voilà, la traite est finie, nos jolies vaches peuvent repartir paisiblement se restaurer : elles le méritent bien après avoir donné pour certaines 30 litres de lait en une seule traite !
J’espère que pour vous la traite n’est plus un mystère, il ne vous reste plus qu’à venir voir ce moment inoubliable à la ferme de Grignon qui est en libre accès au public !!!

N.B.: la traite est réalisée avec des gants, ce qui n'est pas le cas de ces photos qui servent juste d'illustration.

Pierre-Henri.

Prim' Holstein

Mais qui est donc la Prim’Holstein ?

  • D’où vient-elle ?
La Prim’Holstein est en réalité la race Française de la Holstein, vache laitière la plus utilisée au monde. La Holstein descend d’une population bovine autrefois présente sur le littoral de la mer du Nord et ce, dès le Moyen-âge. Cette population a donné naissance à plusieurs races bovines dont la Holstein.

Sélectionnées, croisées pour améliorer la qualité du lait (notamment sa richesse en protéines) et augmenter le taux butyreux, les vaches pies noires prennent le nom « d’Hollandaises », en Europe au XVII ième siècle. Les Hollandaises arrivent en France au début du XX ième siècle, où elles vont peu à peu se supplanter aux vaches laitières Françaises moins performantes. 

Cette race acquiert un herd-book en 1922. Les Français l’appelleront d’abord hollandaise pie noire, puis Française Frisonne Pie-noir en 1952. Puis, suite à de nombreuses sélections et croisements (notamment avec des Holstein Américaines), la race Française a pris le nom de Prim’holstein en 1990.

Un taureau français frison pie noir (source)

  • Quelles sont ses caractéristiques morphologiques ?
Le poids des vaches adultes se situe entre 600 et 700 kg.

Ce sont des vaches de grandes tailles, qui mesurent environ 145-165 cm au garrot.

La Prim’Holstein a une robe pie noire aux taches bien dessinées, et présente des muqueuses de couleur claire. Ses cornes sont courtes et en forme de croissant, souvent absentes car on les coupes.


Un troupeau de Prim'Holstein au pâturage (source).


  • Pourquoi une vache laitière ? Quelles sont ses particularités ?
La Holstein (et donc la Prim’Holstein) est la vache laitière par excellence, toutes ses caractéristiques lui font tenir une place plus que privilégiée dans l’élevage laitier.
Cette race produit 80 %  du lait destiné à la production de yaourt ou à la consommation directe en France. (Les autres vaches laitières, minoritaires, sont plus spécifiquement utilisées pour la production de fromage. En effet, la teneur en caséine dans le lait des Prim’Holstein, qui permet la fabrication des fromages est faible.).
Elle représente de plus 30 % du cheptel Français et 60% des vaches laitières françaises.

Ainsi, l’exploitation majoritaire des Prim’Holstein est dû à certaines de leurs caractéristiques qui les mettent ‘hors concours’ :
- Elles présentent une mamelle tout à fait adaptée à la traite : celle-ci est très volumineuse, et bien irriguée par des veines larges et visibles. Les trayons eux-mêmes sont adaptés à la traite mécanique.
- Le taux butyreux de leur lait est très élevé (38 g/L), ainsi que la teneur en protéine (33 g/L)
- La production de lait est très importante, elle s’élève à 8000 kg par lactation, et dépasse fréquemment les 10 000 kg par lactation (contre 6 500 kg pour une Montbéliarde, deuxième vache laitière Française)
- Elle présente une excellente capacité d’adaptation à différents milieux, et à tout type d’alimentation
- Sa capacité de transformation des fourrages type maïs est très importante de part sa morphologie.
- Elle bénéficie d’une vitesse de croissance rapide, et peut mettre bas de façon convenable dès 2 ans.

Mamelle très développée, lui permettant une grosse production de lait (source)
Marianne.