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vendredi 11 février 2011

A la découverte des actifs de la ferme de Grignon (2)

Nous continuons notre tour d'horizon des actifs de la ferme par trois nouveaux témoignages.


Bernard de Franssu

Bernard de Franssu, directeur de la
ferme expérimentale de Grignon.
Cela fait 11 ans qu'il est le directeur de la ferme expérimentale de Grignon. Sa profession, m'explique-t-il est doublement intéressante, parce qu'il a, dans le cadre de son travail, un rôle d'organisation interne et un rôle d'organisation externe de la ferme.

- Du point de vue interne, c'est un rôle de responsable d'équipe, il doit manager le personnel qui travaille sur la ferme. Le rôle de gestion est très important, et il dit devoir continuellement faire en sorte que les réalités économiques soient les plus favorables possibles. Il doit aussi faire un choix, parfois difficile, sur les activités à mener sur le site. 


- D'un point de vue externe, il doit faire en sorte que la ferme ait une image positive. Il veut davantage promouvoir l'ouverture de la ferme aux aspects pédagogiques, elle doit avoir un rôle de communication vers le grand public. Il est aussi nécessaire de mettre en valeur le positionnement scientifique de la ferme, qui est largement tournée vers l'expérimentation. Par exemple, l'action Grignon Énergie Positive est une action scientifique qui veut s'ouvrir au grand public. Mais, l'accueil des scolaires et la visite libre sont aussi des systèmes développés.

Il doit enfin faire en sorte que cette entreprise soit intégrée à son territoire. Elle ne doit pas être complètement déconnectée de l'activité des voisins.
En guise de résumé, il m'explique que sa profession consiste donc à « mettre de l'huile dans les rouages ». Un but ? « Permettre à chacun dans chaque équipe, dans chaque atelier, de pouvoir réaliser au mieux son travail, et faire en sorte que les problématiques liées à l'entreprise ne leur pèsent pas trop ».

Quelle vision a-t-il aujourd'hui sur son métier? « C'est un métier de généraliste, et comme tout les métiers de généraliste, il nécessite beaucoup de consensus, beaucoup de mesures dans les décisions, et en même temps, il permet d'être au contact de très nombreux spécialistes ». Ce qui, nous explique-t-il, est vraiment passionnant.
Il nous avoue un côté qu'il trouve un peu frustrant de sa profession: il travaille et dirige des spécialistes qui ont des connaissances très pointues dans leur domaine et qui en savent beaucoup plus que lui sur certains points. Son challenge est donc de comprendre ce qu'ils disent et d'arriver à l'adapter à la ferme.

Une des actions menées sur le site qu'il a beaucoup appréciée : la réintégration de la ferme au sein de l'école. Pour lui, la ferme est un formidable outil pédagogique, qui doit être utilisé dans la formation d'ingénieur, et il a tenté ces dernières années de donner à la ferme un caractère d'indispensabilité pour l'école.

  


Sandie Fouquet

Cela fait 11 ans qu'elle est ici! C'est elle qui fait physiquement le lien entre la ferme et le grand public : elle est responsable de l'accueil des visiteurs, en particulier des scolaires. Elle s'occupe de ce qui est animation dans ce créneau. Un de ses devoirs est de renouveler les ressources pédagogiques qui sont proposées sur le site.

Elle s'occupe aussi de la partie communication, au salon de l'Agriculture par exemple, ce qui lui permet de faire des déplacements très fréquents. Et c'est d'ailleurs ce qu'elle apprécie beaucoup dans ce métier : pouvoir alterner entre travail dans les bureaux et travail à l'extérieur. Pour elle, c'est un bon compromis. C'est de plus très intéressant d'être en contact avec le public.


Aline Lapierre

C'est la personne qui s'occupe de la partie communication au grand public du projet Grignon Énergie Positive. Son métier consiste principalement à développer des moyens de communication et des outils pédagogiques pour promouvoir à Grignon ou ailleurs les nouvelles technologies mises en œuvre pour une agriculture plus propre. Un de ses objectifs, qui n'est pas mince, est de modifier l'image qu'a le grand public de l'agriculture. Elle est souvent pour eux synonyme de pollution, et a une connotation plutôt péjorative.

Travaillant depuis 2010 sur ce projet, elle avoue être passionnée par ce qu'elle fait et par la multitude des moyens qu'elle peut mettre en œuvre. Le ferme de Grignon représente ainsi un gros challenge : en faire un lieu référent pour le grand public d'une agriculture à la pointe de la technologie, et qui se veut respectueuse de l'environnement. Ce travail de l'image de l'agriculture la passionne tout autant! Enfin, elle avoue que le challenge de GE+ n'est pas étranger à sa forte adhésion à son travail : en deux mots, ne pas faire diminuer la production, tout en diminuant la quantité totale d'énergie utilisée pour.

Un exemple? Un vélo va être mis en place dans le cours de la semaine prochaine sur le site. Un volontaire pourra pédaler, et il pourra ainsi par-là évaluer la quantité d'énergie nécessaire pour produire un yaourt à la ferme de Grignon.


Marianne.

jeudi 10 février 2011

A la découverte des actifs de la ferme de Grignon

Pour faire fonctionner cette ferme, une équipe solide, nombreuse et complémentaire est nécessaire. Nous sommes partis à la découverte du personnel de la ferme… Et nous avons même pu en interroger certains, qui ont acceptés de nous faire découvrir un peu de leur quotidien! D'avance, nous les en remercions!!

Le personnel est divisé entre les vaches, la bergerie, les cultures, l'atelier, la transformation, le projet Grignon Énergie Positive, les bureaux, la comptabilité et les visites. Voici comment il s'organise :
Directeur: Bernard de Franssu
Directeur adjoint: Dominique Tristan

Vacherie : Damien Moteau, Mickaël Leray, Jean-Luc Houtin

Bergerie: Ludovic Cressent, Pierre Mariat

Cultures : Jean-Pierre de Saint Steban, MichelGrandin

Atelier : Camille Rio

Transformation (du lait) : Frédéric Terral, Yves Sainguiniy, Adèle, Vincent, Emmanuelle Vingert
Projet Grignon Énergie Positive: Yves Python, Sophie Carton, Aline Lapierre
Accueil : Yanick Baton
Visites : Sophie Fouquet
Comptabilité: Véronique Noer, Marie-Hélène Le Boulanger, Florence Lintanf

Nous avons eu la chance de pouvoir interroger les personnes suivantes (présentation par ordre de rencontre) :


Pierre Mariat

Comme il me l'a expliqué, c'est le plus ancien de la maison!! Cela fait 35 ans qu'il travaille à la ferme de Grignon : 15 ans de vacheries, puis 15 ans de cultures, laiteries, vacherie. Étant arrivé jeune stagiaire pour trois semaines à Grignon, il a été embauché dès la deuxième semaine, puis est resté par choix. Lorsqu'on lui demande ce qu'il fait, il vous répond « multicartes, une activité multicartes bouche-trous». « J'ai tout fait », me précise-t-il, même s'il rajoute ensuite: « Je fais ce que les autres ne veulent pas faire ». S'il est resté si longtemps ici, c'est qu'il l'a choisi, même s'il ne nie pas les difficultés du métier. En effet, les conditions de travail ne sont pas toujours évidentes, et l'effort physique demandé est de plus en plus dur pour lui. Il a parfois l'impression d'arriver à saturation. Pourtant, au cours de ces années, il a participé à des projets très intéressants. Par exemple, c'est dans cette vacherie qu'a été mis en place le PAVIR (Plan d'Action Vétérinaire Intégré de Reproduction). Il a aussi participé à la réalisation des premières échographies bovines de France, qui ont été faites à Grignon. Ils ont faits de la scission d'embryons, du sexage d'embryons, des essais sur la somatotropine, l'hormone de lactation…Malheureusement, ces projets n'ont pas toujours perduré faute de moyens, et de la pauvreté de soutien des partenaires, qui ne veulent plus investir dedans.
Ce qu'il nous souhaite? Enfin monter dans le classement!!


Camille Rio

Camille Rio en plein bricolage.
C'est un jet d'étincelles qui a premièrement attiré mon attention, et c'est ainsi que je me suis rapprochée, le trouvant en pleine action, absorbé par son travail, la tête cachée sous un masque de protection métallique. Soudure, réparations, contrôle, bricolage, rien ne lui est étranger. Il est plongé dedans jusqu'au cou, et c'est ce qui lui plaît. Camille Rio est mécanicien, et les engins agricoles n'ont plus de secrets pour lui. Si les tracteurs fonctionnent à la ferme, c'est grâce à lui.

Son activité principale est la mécanique, et entre les machines de la laiterie, les engins, les nouveaux appareillages, il a de quoi faire! Une autre de ses passions? Les travaux des champs. Il participe aussi de façon plus occasionnelle, aux activités d'élevage, même s'il dit moins s'y retrouver.

Diplômé ingénieur agronome, il a fait un certificat de spécialisation en machinisme agricole. Cela fait bientôt 9 ans qu'il est ici. Malgré le fait qu'il se plaise beaucoup sur le site, ses projets futurs ne sont pas encore définis. Il compte un jour pouvoir valoriser son diplôme d'ingénieur, même s'il dit avoir encore le temps.

Ainsi, c'est entre mécanique et travaux des champs qu'il se retrouve. Son mémoire de fin d'étude regroupe ces deux passions: il a mis en place depuis 3 ans sur le site un système de récupération de la menue-paille des céréales derrière la moissonneuse de Grignon. On compte en France 20 moissonneuses équipées. Qu'est-ce que la menue-paille? C'est toute la tête des épis, sans la graine. Le problème est le débouché qu'il y a derrière, le produit n'est en effet pas valorisable sur place. On utilise principalement la menue-paille comme litière pour les volailles, et il leur est aujourd'hui difficile d'optimiser la vente, les coûts de transports étant très chers.

Il vous invite à aller voir par vous-même sur le site, ce dispositif encore trop rare en France, qui est le témoin d'un nouveau type d'agriculture qui se veut plus « propre », plus respectueux, de l'environnement! Grignonnais, bravez le froid et montez à la ferme!!


Mickaël Leray

Mickaël Leray
C'est depuis ses dix ans qu'il est sur un tracteur. Élevé à la campagne, fils d'exploitant, il a été baigné dans le milieu depuis toujours, ce qui lui en a assurément donné le goût. Il a ensuite fait des études Agricoles, qui lui permettent aujourd'hui s'il le veut de s'installer à son compte. Cependant, la conjoncture agricole fait qu'il est plutôt difficile de s'installer à son propre compte, notamment à cause des horaires qui sont très strictes. Cela fait trois ans qu'il travaille ici, et il ne se projette pas encore dans l'avenir.

Quelles activités à la ferme?
Salarié agricole, il participe aux travaux des champs, à l'entretien de la ferme ainsi qu'à sa rénovation, et bien sûr, à tout ce qui touche à l'élevage (traite, soins, etc…). Ce métier étant très physique, il essaie d'améliorer au maximum les conditions de travail.

Puisqu'il est employé, il est content de pouvoir bénéficier chaque année de nouvelles formations (30h prévues à cet effet par an) sur un domaine précis pour pouvoir perfectionner voire mettre en place des techniques. Il se forme par exemple en ce moment pour pouvoir pratiquer l'insémination artificielle, ce qui est très avantageux d'un point de vue pratique (faire appel à un extérieur est beaucoup plus exigeant).

Ainsi, pour lui aussi, ce métier, malgré ses fortes exigences, est une passion! Le contact avec les animaux et avec la nature sont loin d'y être pour rien. Il apprécie la vie en plein air, et n'aimerait pas se retrouver enfermé dans un bureau dans le cadre de son travail. Il se retrouve dans tout ce qui est machinisme agricole et le caractère polyvalent du métier lui plaît également.
Le mot de la fin: « Je vois que vous êtes très motivés et je vous souhaite donc bon courage pour ce concours! »


Damien Moteau

Damien Moteau.
C'est le responsable du troupeau des vaches laitières. Assurant la gérance du fonctionnement de l'atelier, de nombreuses activités l'occupent : il fait le suivi de l'alimentation, de la reproduction, de la traite, des soins de vétérinaires, de la commercialisation des animaux…
Cela fait six ans qu'il est ici. Il était avant vacher responsable de la traite et cela fait donc maintenant trois ans qu'il assure sa nouvelle fonction lourde en responsabilité!

Ce qui l'intéresse ici avant tout, c'est l'expérimentation, omniprésente sur le site. Être responsable du troupeau, c'est pour lui synonyme de pouvoir suivre et gérer les expérimentations.

Et quand je lui demande ce qu'il aime dans son métier, il me répond sur-le-champ: « J'aime tout dans mon métier ». Oui, c'est un passionné! « Moi me lever le matin pour aller traire mes vaches, c'est comme celui qui se lève le matin pour aller faire ses photos » m'explique-t-il. C'est donc un plaisir. Et il renchérit que le fait de se lever à 5h30 du matin n'est pas une contrainte, c'est comme ancré dans sa nature. « Et le réveil à 2h00, pour le tour de garde? » Demandais-je étonnée. « Par exemple », m'explique-t-il, « cette nuit, je n'avais pas mis mon réveil pour les vaches, et à 2h00, j'étais levé, je suis allé faire un tour pour voir les vaches ».
Il aime aussi particulièrement sur le site les contacts avec les étudiants, qu'il trouve très enrichissants. Tous viennent de milieux très différents, ce qui fait qu'il peut discuter avec chacun de sujets très variés, ce qui permet « de ne pas rester complètement ancré dans notre métier d'éleveur et de ne voir que des vaches et de ne penser qu'aux vaches. » Des fils d'éleveurs apportent aussi beaucoup à la ferme lorsqu'ils s'y investissent.

Et pour conclure ? Être vacher en région parisienne, ça permet d’être la star du petit écran! Regardez « Le Pigeon » qui est sorti l'année dernière, où il joue comme figurant, ou « L'amour est dans le pré », émission à laquelle il a participé en 2007!

Marianne.

dimanche 6 février 2011

Les agnelages

La période des agnelages est de retour ! 

Les moutons sont des animaux qui se reproduisent lorsque les jours raccourcissent (automne) contrairement aux chevaux. Après 5 mois de gestation, les brebis donnent naissance à un ou plusieurs agneaux selon la race. A Grignon, nous avons des Bérichonnes du Cher et surtout des Romanes qui sont connues pour faire beaucoup de petits.

De tout jeunes agneaux de Grignon sous les lampes chauffantes
qui leur servent de couveuses.
Les agneaux naissent à deux périodes de l'année à Grignon: l'une à la rentrée des élèves (septembre–octobre), et l'autre au début du deuxième semestre (janvier-février). Les naissances actuelles sont naturelles, elles correspondent à l'arrivée du printemps qui sera la meilleure période pour le développement des jeunes à l'état sauvage. L'agnelage de septembre est provoqué par les éleveurs. La reproduction à contre-saison se fait grâce à la modification de la photopériode et/ou par injection d'hormones.


En période d'agnelage, le berger surveille les mères pour s'assurer qu'elles mettent bas correctement. Il sait quand va avoir lieu l'agnelage car la brebis s'isole, gratte le sol et a la vulve gonflée. La mise-bas commence par l'expulsion de la poche des eaux dans laquelle vivait le petit. A ce moment là, l'éleveur peut intervenir : il va aller chercher l'agneau avec de grands gants dans le ventre de la mère. L'idéal serait que l'agneau sorte les pattes avant et la tête en même temps (comme ci-dessous) mais parfois il faut le retourner manuellement en faisant attention de ne pas abimer l'intérieur de la brebis.


Position idéale de mise-bas pour
l'agneau.
L'agneau allaité par sa mère.

Les brebis de Grignon ont en moyenne 2,5 petits par portée. Or le pis n'a que deux trayons chez les brebis, donc cela signifie qu'il y a toujours des agneaux en trop. Le berger va choisir les deux plus vigoureux pour rester avec leur mère et il met les autres dans une couveuse. Tous les agneaux de la couveuse sont nourris deux fois par jour avec du lait en poudre par l'éleveur ou les élèves de notre école. Quand ils seront plus âgés, ils apprendront à boire seuls le lait distribué par une machine.

Il faut donner le biberon aux agneaux de la couveuse.
Les étudiants de l'agro peuvent nourrir les agneaux.

David.

samedi 5 février 2011

Grignon Énergie Positive

LA FERME DE GRIGNON, FERME DU FUTUR ?

Grignon Énergie Positive, un programme au cœur de l'innovation



L'innovation est à la lettre du jour à la ferme de Grignon. Le dispositif "Grignon Énergie Positive" mis en place en 2005 par Olivier Lapierre et lancé en 2006 l'atteste!

Le principe : faire du site de Grignon, un site à énergie positive! C'est-à-dire produire plus d'énergie que l'on en consomme et ne pas émettre de carbone sur le site de Grignon,. Il est estimé que la ferme de Grignon produit suffisamment d'énergie pour nourrir pendant un an 8 000 personnes. Pourtant, la consommation d'énergie est bien plus importante. Pour l'instant, l'objectif 0 est visé!!

La ferme de Grignon
Ce programme vise donc à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), et la consommation d'énergie fossile au niveau de la ferme. Comment ce projet peut-il être mené à bien? Quelles sont les moyens mis en œuvre? Quels résultats ?


'Grignon Energie Positive': un programme fourni!

Un objectif technique: 

Concilier ou plutôt réconcilier agriculture et environnement, voilà le challenge que veut aujourd'hui relever la ferme de Grignon!

Grignon Énergie Positive, ou à la recherche de la performance énergétique! La réduction d'émissions de gaz à effet de serre et de consommation d'énergie, ne doit pas se faire au détriment de la productivité au sein de la ferme. Un des buts de l'homme en 2050 est de nourrir 9 milliards d'homme. Ceci se fait en ce moment au détriment de l'environnement. Le chemin qui y mène est jonché d'obstacles.

L'homme doit maintenir, voire augmenter sa productivité, tout en réduisant son impact sur l'environnement: voilà le défi! Et c'est en adoptant des options techniques modernes et innovantes que l'homme compte le relever.
Mettant en place diverse solutions, on pense pouvoir réduire de 25% la consommation d'énergie fossile sur le site, et ceci en augmentant la marge économique et en maintenant la productivité. Par exemple, en 2008, décision est prise de remettre certaines vaches aux pâturages (génisses et vaches taries).


Un objectif éducatif:

Ce projet est aussi un large champ d'expérimentation, qui permet à des professionnels de découvrir les nouvelles techniques pro-environnementales mises en place par cette ferme pilote, et d'évaluer leur utilité, en vue d'une potentielle utilisation. Ce programme vise donc à toucher un public scientifique et lui fournir des données précises sur les expérimentations et les résultats constatés à la ferme de grignon.

La sensibilisation du grand public aux problèmes environnementaux est aussi recherchée. Par exemple, la position privilégiée de la ferme de Grignon permettra de l'utiliser à cet effet. Des circuits interactifs pour les familles, les enfants sont en cours de création au niveau de la ferme de Grignon, pour permettre au public de comprendre les liens entre alimentation, agriculture, effet de serre et environnement, afin qu'il réalise quels sont les enjeux pour l'avenir de l'agriculture dans les années à venir.


Quel soutien ?

Ce projet bénéficie d'un fort soutien, réalisé par des partenaires. Certains partenaires comme l'Ademe, Cetiom, Sofiproteol, le CNIEL…etc, soutiennent le projet dans sa totalité. Des partenaires comme Suez environnement ou le 'Crédit Agricole', ont adhéré quant à eux de façon ponctuelle (pour des actions définies).














Quelles actions depuis 2005?
  • 2005-2006: la mise en jambe
-Entre 2005 et 2006, un bilan environnemental a été réalisé sur la ferme de Grignon. Voici les résultats principaux :



La consommation totale d'énergie fossile a été estimée à 17 164 000 Mj en 2005. En termes de production agricole, les principales causes de consommation d'énergie sont l'achat d'aliment, la consommation d'électricité et de fioul, et l'achat d'engrais et d'amendement. Ces émissions correspondent à la consommation en énergie fossile annuelle moyenne de 100 personnes en France.

De même, l'émission de gaz à effets de serre a été évaluée. Les rejets en gaz étaient en 2005 l'équivalent de 2627 tonnes de CO2 (correspondant approximativement au rejet annuel de gaz à effets de serre de 300 personnes en France.).

Bien d'autres diagnostiques ont été réalisés, notamment au niveau de l'utilisation de produits phytosanitaires. 

Ces données (précisées sur le site) constituaient en 2006 un solide point de départ pour: AGIR.


  •  2007-2008, quelles actions?
Ainsi, en 2007-2008, des mesures ont été prises. Entre autres, nous citerons:

- La mise en pâture des génisses et des vaches taries;
- Le développement de la luzerne qui est selon la saison, récoltée pour faire du foin, ou pâturée;
- L’augmentation des surfaces de non labour;
- L'introduction de tourteau de colza gras dans l’alimentation du bétail;
- La recherche d’une augmentation du niveau de production des vaches;
- Test sur plusieurs hectares de cultures énergétiques (switchgrass et miscanthus);
- L'utilisation de la menue paille.
- La mise en place d'un principe de compostage



Un exemple concret, l'utilisation de la menue paille:
La menue paille est constituée des débris de paille et de l'enveloppe qui entoure les grains de céréales:
Menue-paille.
Actuellement, elle est normalement laissée sur le sol après la moisson (ce qui favorise par la suite le développement de mauvaises herbes), elle est récoltée à Grignon, grâce à un dispositif mis en place au niveau de la moissonneuse. Elle peut ensuite être utilisé comme combustible, comme litière pour animaux (volaille), ou comme aliment (pour vaches, moutons). Ceci entraîne par ailleurs, une forte diminution de la prolifération des mauvaises herbes dans les champs, et avec, une diminution de l'utilisation de pesticides, de l'émission de GES et de la consommation d'énergie qui lui sont liés.


Impact en terme économique et de productivité de l'utilisation de la menue paille sur le site de Grignon.

Pour présentation d'autres projets concrets, se référer en particulier à la vidéo ci-dessous:



Quelques résultats:

Concrètement, depuis 2005, on constate une diminution proche de 25% de la consommation totale d'énergie fossile, et de 22% de l'émission de gaz à effets de serre, et ceci sans diminuer la productivité, ce qui est très encourageant pour la suite! L'efficience laitière s'est aussi améliorée considérablement.

On considère ici par exemple les émissions de gaz à effet de serre, et la consommation d'énergie sur l'atelier bovin, ramené à la production de lait. Voilà les résultats obtenus, entre 2007 et 2008:




On constate une réduction de 40% de la consommation d'énergie et de17% d'émission de gaz à effets de serre.


Un programme qui n'a pas cessé d'entendre faire parler de lui:


Depuis 2009, un nouveau programme est en place: GE+ acte 2! Grignon veut devenir la 'cité de l'agriculture positive!'. Les objectifs 'zéro carbone' et 'énergie positive' sont recherchés de manière plus intense encore. Les acteurs du projet pensent l'atteindre en utilisant des solutions parallèles compensatrices comme par exemple le principe de biométhanisation, ou l'utilisation sur le site de panneaux solaires photovoltaïque. Deux projets qui entraîneraient une production d'énergie compensatoire très importante (par exemple, la biométhanisation pourrait compenser 81% des émissions en gaz à effet de serre de la ferme).

'Grignon Énergie Positive ' voilà donc un projet auquel l'avenir semble sourire!

Vous êtes passionnés par ce sujet, frustrés par la brièveté de l'article et le manque de détails? Rejoignez le site:
Vous y trouverez les illustrations que nous avons utilisées pour rédiger cet article. 
Il vous donnera en plus tous les détails de ce fabuleux programme!

Marianne.

mercredi 2 février 2011

Quelques données sur les performances du troupeau laitier de Grignon

Afin de connaître un peu plus le troupeau laitier de Grignon, vous trouverez dans ce court article quelques performances permettant de caractériser le troupeau.
Tout d’abord, en 2010 la production de lait sur Grignon a atteint 1 224 423 litres. Cette production est réalisée grâce à 131 vaches. On remarquera que le niveau de production du troupeau est élevé, avec une production moyenne par vache et par an de 9686 litres. Ceci s’explique par des objectifs de sélection qui étaient orientés vers une forte production laitière et une alimentation non limitante.
Le lait produit est de qualité assez standard avec un taux protéique (TP) de 32 g/l et un taux butyreux (TB= matière grasse) de 39,7 g/l.

La stabulation sur logettes des vaches laitières.
Au niveau de la reproduction, les primipares vêlent pour la première fois à l’âge de 26 mois. Enfin, un critère important à analyser est l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) qui est la durée en jours entre deux vêlages. A Grignon, il est de 442 jours, ce qui est important. Il y a deux explications ; premièrement, les vaches de Grignon sont hautes productrices donc il plus intéressant d’allonger la lactation que de les tarir alors que leur production est élevée. Deuxièmement, c’est un choix du vacher ; en effet, l’allongement de l’IVV permet de mieux gérer la mise à la reproduction. Depuis que l’IVV a été volontairement allongé, le taux de réussite à la première IA (insémination artificielle) a largement augmenté.
Toutes ces caractéristiques sont importantes pour l’ensemble des exploitations laitières afin d’optimiser la rentabilité de l’atelier lait.

Pierre-Henri